Pourquoi un code peut-il rester incassable même si tout le monde sait comment il fonctionne ?
Un ancien responsable de la NSA a raconté que l'hypothèse standard y était que l'exemplaire numéro un de tout nouvel appareil de chiffrement partait droit au Kremlin. Les bons cryptographes conçoivent leurs systèmes en partant de ce principe.
▶ Lancer l'histoireLa bonne cryptographie ne repose pas sur l'idée que l'ennemi ne comprendra jamais comment ton code fonctionne. Elle part du principe qu'il le sait déjà. Le principe de Kerckhoffs, du nom du cryptographe néerlandais du XIXe siècle Auguste Kerckhoffs, affirme qu'un système cryptographique doit rester sûr même si tout, sauf la clé, est de notoriété publique. Un ancien responsable de l'Agence de sécurité nationale américaine (NSA) a confié au chercheur Steven Bellovin que l'hypothèse standard y était que l'exemplaire numéro un de tout nouvel appareil de chiffrement finissait directement au Kremlin. Claude Shannon l'a formulé plus simplement encore : conçois tes systèmes en supposant que l'ennemi les connaît dans le détail.
Cette idée paraît à l'envers jusqu'à ce qu'on regarde l'alternative. Un système dont toute la conception doit rester secrète sur le long terme ne peut pas offrir une vraie sécurité : il ne fait que remplacer un problème difficile par un autre. La cryptographie sûre est censée remplacer cet énorme problème par un bien plus petit : au lieu de garder tout un système compliqué secret pour toujours, il suffit de garder secrète une clé relativement petite.
Le cas extrême d'une clé qui fait tout le travail, c'est le masque jetable, un chiffrement mathématiquement prouvé incassable, pas seulement « très difficile à casser ». Il fonctionne en associant un message à une clé véritablement aléatoire au moins aussi longue que le message lui-même ; combine-les correctement, et le résultat est incassable, mais seulement si la clé est utilisée une seule fois, est vraiment aléatoire, et reste totalement secrète. Pour les protéger, on imprimait parfois les masques jetables sur des feuilles de nitrocellulose hautement inflammable, afin de pouvoir les brûler facilement après usage.
Étape 1: Clé aussi longue que le message
Jamais plus courte que le texte qu'elle protège
Étape 2: Véritablement aléatoire
Aucun schéma qu'un ennemi pourrait prévoir
Étape 3: Jamais réutilisée
Chaque clé ne sert qu'une seule fois
Étape 4: Gardée totalement secrète
Parfois imprimée sur du papier conçu pour brûler
C'est aussi pour ça que les systèmes modernes séparent les clés en deux types. En cryptographie symétrique, les deux parties partagent une seule clé secrète ; en cryptographie asymétrique, il y a une clé publique que tout le monde peut voir et une clé privée qui doit rester cachée. Dans les deux cas, la leçon remonte directement à Kerckhoffs : la conception peut être publique, et toute la sécurité du système repose sur le secret de la clé.
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Récap
L'algorithme d'un système cryptographique peut être totalement public ; tant que la clé reste secrète, aléatoire et (pour un masque jetable) utilisée une seule fois, le message reste incassable.
Le fait surprenant · Le masque jetable est la seule méthode de chiffrement connue mathématiquement prouvée incassable, à condition que sa clé aléatoire ne serve qu'une fois et reste secrète, et les agents imprimaient parfois ces clés sur du papier conçu pour brûler instantanément.
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Sources (3)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 14 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.