Comment une radiographie inattendue a-t-elle mené à l'empreinte génétique ?
Un généticien qui regardait le film radiographique d'une expérience sur l'ADN a compris, en une demi-heure, qu'on pouvait s'en servir pour identifier les individus. Trois ans plus tard, cette idée a permis d'attraper un tueur qui avait essayé de tricher au test.
▶ Lancer l'histoireLe 10 septembre 1984, le généticien Alec Jeffreys examine le film radiographique d'une expérience sur l'ADN, dans son laboratoire de l'université de Leicester. L'image montre, de façon inattendue, à la fois des ressemblances et des différences entre l'ADN de plusieurs membres de la famille de son technicien. En une demi-heure environ, Jeffreys comprend ce qu'il a sous les yeux : un moyen d'identifier les individus grâce aux variations de leur ADN. Cette image inattendue marque le début de l'empreinte génétique.
La méthode s'appuie sur des régions de l'ADN qui se répètent de façon très variable d'une personne à l'autre, suffisamment variable pour que le motif soit propre à chaque individu. Le laboratoire de Jeffreys a été, pendant un temps, le seul endroit au monde capable de réaliser ce test, et les demandes ont afflué du monde entier avant que la technique ne soit commercialisée en 1987.
Sa première utilisation concrète date de 1985, dans un litige d'immigration portant sur le lien de parenté réel d'un garçon britannique avec sa famille. Les résultats ADN ont prouvé ce lien, et Jeffreys a raconté avoir vu le soulagement sur le visage de la mère en apprenant la nouvelle. Mais le moment fondateur de la technique vient d'un double meurtre. Deux adolescentes, Lynda Mann et Dawn Ashworth, avaient été violées et tuées à Narborough, dans le Leicestershire, en 1983 et 1986. La police a testé le sang de milliers d'hommes du coin. Un suspect, Richard Buckland, avait déjà avoué, mais son ADN ne correspondait pas aux échantillons de la scène de crime, et il a été innocenté. Le vrai tueur, Colin Pitchfork, avait tenté de tricher en forçant un collègue à donner du sang à sa place, avec un faux passeport. Le stratagème s'est effondré quand un autre collègue l'a dénoncé, et Pitchfork, démasqué par la toute première utilisation policière de l'empreinte génétique, a été condamné en janvier 1988.
10 sept. 1984
L'« eurêka » de Jeffreys devant un film radiographique
1985
Première utilisation : un litige d'immigration
1987
Commercialisation des méthodes de Jeffreys
2 janv. 1988
Condamnation de Colin Pitchfork
Sans la méthode de Jeffreys, les autorités pensent qu'un innocent aurait sans doute passé sa vie en prison pour un crime qu'il n'avait pas commis.
Quiz
0/3
Récap
L'« eurêka » de Jeffreys est venu d'une image inattendue montrant que certaines régions de l'ADN varient assez d'une personne à l'autre pour servir d'identifiant personnel.
Le fait surprenant · Colin Pitchfork, l'homme finalement condamné, avait tenté d'échapper au test ADN en forçant un collègue à donner du sang à sa place, avec un faux passeport.
Sources (2)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 12 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.