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Comment une astuce de 1993 contre le spam a-t-elle fini par sécuriser Bitcoin ?

Une idée inventée en 1993 contre le spam — obliger l'expéditeur à faire d'abord un petit calcul coûteux — est devenue la façon dont les mineurs de Bitcoin s'affrontent, et la raison de leur énorme consommation d'énergie.

▶ Lancer l'histoire

La preuve de travail est née comme remède au spam. En 1993, Cynthia Dwork et Moni Naor proposent d'obliger l'ordinateur de l'expéditeur à résoudre un petit problème mathématique volontairement pénible, comme calculer des racines carrées modulaires, avant qu'un message puisse partir : difficile à résoudre, mais facile à vérifier. Bitcoin, lancé en 2009, a gardé exactement cette asymétrie. Ses mineurs s'affrontent pour ajouter chaque nouveau bloc, et l'énergie qu'ils dépensent dans cette compétition est ce qui donne au réseau sa sécurité et sa résistance aux attaques.

L'idée a mûri par étapes. En 1997, Adam Back décrit un système de preuve de travail appelé Hashcash pour protéger les boîtes mail du spam : un timbre Hashcash peut représenter environ 2⁵² calculs d'empreintes à produire, mais un seul calcul suffit à le vérifier, en contrôlant que son empreinte SHA-1 commence par 52 zéros binaires. Le terme « preuve de travail » lui-même est inventé et formalisé dans un article de 1999, et en 2004 Hal Finney adapte l'idée aux jetons numériques avec la « preuve de travail réutilisable », fondée sur SHA-1.

De l'énigme anti-spam à Bitcoin
  1. 1993

    Dwork et Naor proposent des énigmes de calcul contre le spam

  2. 1997

    Adam Back décrit Hashcash

  3. 1999

    Le terme « preuve de travail » est inventé

  4. 2004

    La preuve de travail réutilisable de Hal Finney

  5. 2009

    Le réseau Bitcoin est lancé, fondé sur la preuve de travail

Bitcoin popularise ensuite la preuve de travail comme fondement du consensus dans un réseau décentralisé ouvert à tous. Les mineurs rivalisent pour ajouter des blocs et créer de la nouvelle monnaie, et la probabilité de succès de chacun est proportionnelle à l'effort de calcul fourni. L'asymétrie centrale reste celle de Dwork et Naor : modérément difficile, mais faisable, pour celui qui fait le travail, et facile à vérifier pour tous les autres.

C'est aussi là que commence la controverse. Comme les mineurs doivent dépenser beaucoup d'énergie pour ajouter chaque bloc, la preuve de travail est critiquée par certains écologistes, pour qui elle génère des externalités que les prix de l'électricité sur le marché ne reflètent pas. Le minage lui-même est passé des processeurs ordinaires aux cartes graphiques, puis à des puces spécialisées appelées ASIC. Une idée née pour rendre le spam un peu plus pénible est devenue le moteur qui sécurise Bitcoin.

Quiz

0/3

  1. 1.Que visait à résoudre la preuve de travail à l'origine, avant l'existence de Bitcoin ?
  2. 2.Quelle propriété essentielle rend la preuve de travail utile comme moyen de dissuasion ?
  3. 3.Comment la contribution de Hal Finney en 2004 a-t-elle relié la preuve de travail à la cryptomonnaie ?

Récap

Difficile à produire, facile à vérifier : c'est toute l'astuce.

Le fait surprenant · L'idée a commencé en 1993 comme mesure anti-spam, bien avant l'existence de Bitcoin.

Sources (1)

Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 13 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.

  1. [1]Proof of work · Wikipedia
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