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Un programme informatique peut-il remplacer un contrat écrit ?

Nick Szabo décrivait un distributeur automatique comme une forme de contrat intelligent dès 1996, près de vingt ans avant qu'Ethereum ne transforme l'idée en un langage de programmation tournant sur une blockchain.

▶ Lancer l'histoire

En partie. Un contrat intelligent est un programme informatique qui exécute, contrôle ou documente automatiquement des actions selon les termes d'un accord : il peut donc prendre en charge l'exécution. Le code applique lui-même l'accord, ce qui doit réduire le besoin d'intermédiaires de confiance, les coûts d'arbitrage et la fraude. Ce qu'il ne remplace pas, c'est le droit : un contrat intelligent ne constitue généralement pas un accord juridiquement contraignant valide. L'idée est plus ancienne que les blockchains. Dès 1996, l'informaticien Nick Szabo employait l'expression pour des accords appliqués par du matériel ou un logiciel plutôt que par la loi, et son exemple était tout bête : un distributeur automatique.

Encore fallait-il un endroit où faire tourner l'idée. Ethereum a été conçu en 2013 par le programmeur Vitalik Buterin, et son livre blanc original décrivait Bitcoin comme une version faible du concept de Szabo, en proposant une version plus puissante fondée sur un langage Turing-complet. Depuis le lancement d'Ethereum en 2015, « contrat intelligent » désigne du calcul généraliste sur une blockchain : du code et des données déployés par des transactions signées cryptographiquement, selon la définition de l'institut américain de normalisation NIST, et dont les effets ne peuvent pas être manipulés sans modifier la blockchain elle-même.

Du distributeur automatique à The DAO
  1. 1996

    Nick Szabo emploie l'expression « contrat intelligent »

  2. 2013

    Vitalik Buterin conçoit Ethereum

  3. 2015

    Ethereum est lancé

  4. 2016

    Une attaque contre The DAO siphonne environ 50 millions de dollars d'ether

Le droit, lui, rattrape son retard. Un rapport du Sénat américain de 2018 notait que le concept s'enracine dans le droit des contrats le plus classique : d'habitude, ce sont les tribunaux qui tranchent les litiges et font appliquer les termes, alors qu'avec un contrat intelligent, c'est un programme qui applique les termes inscrits dans son code. Des États américains, dont l'Arizona, l'Iowa, le Nevada, le Tennessee et le Wyoming, ont adopté des lois sur leur usage.

Un code qui s'applique tout seul applique aussi ses erreurs. Les bugs d'un contrat intelligent, failles de sécurité comprises, sont visibles de tous mais ne peuvent pas toujours être corrigés vite. En juin 2016, une attaque contre un projet de contrat intelligent appelé The DAO a siphonné environ 50 millions de dollars d'ether de l'époque, et les développeurs d'Ethereum n'ont récupéré les fonds qu'au prix d'un hard fork, une scission du logiciel Ethereum.

Quiz

0/3

  1. 1.Pourquoi Nick Szabo voyait-il un distributeur automatique comme une sorte de contrat intelligent ?
  2. 2.Comment le livre blanc original d'Ethereum décrivait-il le script de Bitcoin par rapport au concept de contrat intelligent de Szabo ?
  3. 3.Pourquoi a-t-il fallu un hard fork d'Ethereum pour réparer l'attaque contre The DAO en 2016 ?

Récap

Un contrat intelligent s'applique lui-même par le code, mais cela n'en fait pas automatiquement un contrat juridiquement contraignant.

Le fait surprenant · Nick Szabo utilisait un simple distributeur automatique comme exemple fondateur de contrat intelligent dès 1996.

Sources (2)

Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 14 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.

  1. [1]Smart contract · Wikipedia
  2. [2]Ethereum · Wikipedia
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