Comment une flèche plantée dans une cigogne a-t-elle montré que les oiseaux vont en Afrique ?
En 1822, une cigogne blanche a été trouvée en Allemagne avec une flèche en bois d'Afrique centrale encore plantée dans le corps : l'un des premiers indices d'un voyage dont les naturalistes débattaient depuis Aristote.
▶ Lancer l'histoireElle est revenue avec la preuve sur elle. En 1822, une cigogne blanche a été trouvée dans le Mecklembourg, en Allemagne, avec une flèche taillée dans un bois dur d'Afrique centrale encore plantée dans le corps. L'oiseau, surnommé Pfeilstorch, « cigogne à la flèche », avait manifestement été touché en Afrique avant de revoler jusqu'en Europe, et il est devenu l'une des premières preuves de la migration des cigognes sur de longues distances, plutôt qu'une disparition mystérieuse chaque hiver.
1822
La question était ancienne. Aristote avait noté que les grues voyagent des steppes de Scythie jusqu'aux marais des sources du Nil, mais il pensait aussi que les hirondelles hibernaient. Cette idée a eu la vie dure : même le naturaliste Gilbert White, en 1789, rapportait l'histoire d'hirondelles découvertes dans l'effondrement d'une falaise de craie, et en 1878 un auteur pouvait encore recenser 182 articles sur l'hibernation des hirondelles. Ce n'est qu'à la fin du XVIIIe siècle que la migration a été acceptée pour expliquer la disparition hivernale des oiseaux dans le Nord.
On sait aujourd'hui que la migration est un aller-retour saisonnier entre les zones de reproduction et d'hivernage, effectué par environ 1 800 des 10 000 espèces d'oiseaux du monde, généralement réglé par la longueur changeante du jour. La nourriture semble être le principal moteur : certains colibris renoncent complètement à migrer si des gens continuent de les nourrir tout l'hiver, et les longs jours d'un été nordique donnent simplement aux parents plus d'heures pour nourrir leurs petits. Le record de distance absolue revient à la sterne arctique, qui voyage chaque année entre ses zones de reproduction arctiques et l'Antarctique, tandis qu'un puffin des Anglais peut parcourir 14 000 kilomètres entre son terrier de nidification et l'océan Austral.
Se repérer sur de telles distances repose sur plusieurs sens combinés : une boussole solaire qui s'ajuste à l'heure de la journée, des repères visuels, l'odorat, et une véritable capacité à détecter le champ magnétique terrestre. Lors de sa toute première migration, un oiseau semble voler dans la bonne direction simplement en percevant ce champ magnétique grâce à des réactions chimiques sensibles à la lumière dans ses yeux, un système qui ne fonctionne que le jour et n'a rien à voir avec la position réelle du soleil. Avec l'expérience, il ajoute une seconde couche : de la magnétite dans son système trijumeau, qui mesure l'intensité du champ, laquelle varie avec la latitude, ce qui permet à un oiseau plus âgé de cartographier des repères et de savoir quand il est arrivé à destination.
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Récap
Lors de sa première migration, un jeune oiseau se guide grâce à un sens magnétique qui dépend de la lumière ; l'expérience y ajoute ensuite la mesure de l'intensité du champ, qui l'aide à se construire une carte.
Le fait surprenant · Une cigogne trouvée en Allemagne en 1822 portait encore une flèche africaine, signe qu'elle revenait d'Afrique.
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Sources (1)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 19 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.