Quelqu'un a-t-il vraiment fait le tour du monde en quatre-vingts jours ?
Un gentleman imaginaire a gagné son pari de justesse, 80 levers de soleil contre 79. Dix-sept ans plus tard, une vraie journaliste a battu son temps fictif de plus d'une semaine.
▶ Lancer l'histoireOui, et même plus vite : en 1889-1890, la journaliste Nellie Bly a fait le tour du monde en un peu plus de 72 jours. Le roman de Jules Verne, Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1872), imaginait le Londonien Phileas Fogg parier la moitié de sa fortune, 20 000 livres, qu'il pouvait faire le tour du globe en 80 jours, après un article affirmant qu'une nouvelle ligne de chemin de fer en Inde rendait l'exploit possible. Verne a écrit ce livre dans une période difficile de sa propre vie, mobilisé comme garde-côte pendant la guerre franco-prussienne à court d'argent, et son père venait de mourir. Dans le roman, Fogg gagne son pari grâce à une astuce habile : en voyageant constamment vers l'est, son groupe gagne une journée entière en franchissant les méridiens, vivant 80 levers de soleil alors que les gens restés à Londres n'en comptaient que 79.
Dix-sept ans plus tard, Nellie Bly, journaliste au New York World, a décidé de transformer la fiction de Fogg en réalité. En 1888, elle propose à son rédacteur en chef un tour du monde pour transformer le roman en réalité, pour la première fois ; celui-ci doute qu'elle y arrive, arguant qu'elle ne parle qu'anglais, qu'en tant que femme elle emporterait trop de bagages, et qu'il lui faudrait un chaperon masculin. Bly obtient malgré tout sa chance, et le 14 novembre 1889, avec seulement deux jours de préavis, elle embarque sur un paquebot et se lance dans un voyage de près de 40 000 kilomètres. Pour tenir ses lecteurs en haleine, son journal organise un concours où les lecteurs devaient deviner son heure d'arrivée exacte, à la seconde près.
72 jours
L'itinéraire de Bly la mène à travers l'Angleterre, la France, où elle s'arrête pour rencontrer Jules Verne en personne à Amiens, le canal de Suez, Ceylan, Penang, Singapour, Hong Kong et le Japon, voyageant presque entièrement seule. Elle revient à New York le 25 janvier 1890, après avoir bouclé le tour du globe en un peu plus de 72 jours, battant le record fictif de Fogg de plus d'une semaine. Elle n'était même pas la seule femme à tenter l'exploit : Elizabeth Bisland Wetmore faisait le même voyage dans l'autre sens pour le Cosmopolitan. Et son record n'a tenu que quelques mois : George Francis Train l'a abaissé à 67 jours.
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Récap
Le voyage fictif de 80 jours de Phileas Fogg a été battu pour de vrai en moins de deux décennies, d'abord par Nellie Bly en 72 jours, puis par George Francis Train en 67.
Le fait surprenant · Nellie Bly a rencontré Jules Verne en personne à Amiens, pendant le vrai voyage qui transformait sa fiction en réalité.
Sources (2)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 11 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.