Comment Platon a-t-il réparti quatre niveaux de connaissance sur une seule ligne ?
Platon a demandé un jour à un ami d'imaginer une ligne coupée en quatre morceaux, et s'en est servi pour classer tout ce qu'on peut connaître, des ombres jusqu'à la raison pure, selon son degré de réalité.
▶ Lancer l'histoireDans La République de Platon, Socrate demande à son compagnon Glaucon d'imaginer quelque chose de trompeusement simple : une ligne unique, coupée en deux parties inégales, chacune de ces parties étant ensuite coupée à nouveau dans la même proportion. Cette seule image est devenue l'une des cartes les plus compactes de la connaissance en philosophie, parce que Platon utilise les quatre segments obtenus pour classer tout ce qu'un esprit peut connaître, du moins réel au plus réel.
Les deux segments du bas couvrent le monde visible. Le tout premier morceau, ce sont les images : les ombres, les reflets dans l'eau, tout ce qui n'est qu'une copie d'une copie. Platon appelle la manière de connaître qui s'occupe de ça la simple conjecture. Le segment suivant couvre les choses physiques elles-mêmes, les animaux, les plantes et les objets qui projettent ces ombres et ces reflets, que Platon appelle la croyance. Ensemble, conjecture et croyance forment ce qu'il appelle l'opinion, notre prise ordinaire et quotidienne sur un monde en perpétuel changement.
Les deux segments du haut couvrent le monde intelligible, le monde des idées plutôt que des choses. Le plus bas des deux, c'est le raisonnement mathématique : réfléchir à des objets abstraits comme des lignes géométriques parfaites, qui ne sont pas la même chose que les lignes imparfaites que tu pourrais dessiner sur une feuille. Le segment le plus haut et dernier, c'est la compréhension philosophique pure, atteinte par la seule raison à travers une argumentation rigoureuse, sans s'appuyer sur aucune supposition, et grimpant vers le principe le plus fondamental de tous.
Étape 1: Eikasia
Ombres, reflets : conjecture
Étape 2: Pistis
Objets physiques : croyance
Étape 3: Dianoia
Objets mathématiques : raisonnement
Étape 4: Noesis
Les Idées elles-mêmes : compréhension
Toute la construction repose sur une seule comparaison : l'ombre est à l'objet qui la projette ce que le monde physique tout entier est au monde des Idées, ou Formes. Chaque échelon de la ligne est plus réel et plus vrai que celui du dessous, et Platon va jusqu'à nier que le monde changeant du niveau le plus bas puisse être connu. Pour lui, comprendre n'est pas une seule chose : c'est une échelle, couronnée par la connaissance de la Forme du Bien.
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Récap
Chaque niveau de la ligne divisée est plus réel que celui en dessous : les ombres sont moins réelles que les objets, et les objets sont moins réels, pour Platon, que les Idées immuables derrière eux.
Le fait surprenant · Platon niait que le monde physique ordinaire et changeant puisse être vraiment connu, puisque la connaissance exigeait pour lui quelque chose de permanent à saisir.
Sources (1)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 19 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.