Philosophie●●●●●Difficulty 2 of 5

Pourquoi « Je pense, donc je suis » était-il la seule chose dont Descartes ne pouvait pas douter ?

Descartes a imaginé un démon d'une ruse suprême qui le tromperait sur tout, et il a trouvé la seule croyance que ce démon ne pourrait jamais atteindre.

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Parce qu'en douter, c'est le prouver. René Descartes cherchait une croyance si certaine que rien ne pourrait l'ébranler. Presque tout ce qu'il savait pouvait n'être qu'imagination, tromperie ou erreur. Mais le simple fait de douter suppose quelqu'un qui doute. Comme il l'écrit dans une note en marge, nous ne pouvons pas douter de notre existence pendant que nous doutons.

Il a poussé le test jusqu'au bout. Suppose qu'un malin génie d'une puissance suprême le trompe sur le ciel, la terre, et même sur son propre corps. Même alors, il faudrait bien qu'il existe pour être trompé. C'est le cogito : « Je pense, donc je suis. » Comme Archimède qui ne réclamait qu'un point fixe pour déplacer la Terre, Descartes tenait une certitude inébranlable sur laquelle bâtir.

Le doute de Descartes, étape par étape
  1. Étape 1: Douter des sens

    Ce que je perçois peut être imagination ou erreur

  2. Étape 2: Imaginer un trompeur

    Un malin génie qui me dupe sur tout

  3. Étape 3: Remarquer le doute

    Pour être trompé, il faut quelqu'un

  4. Étape 4: Je pense, donc je suis

    Une certitude résiste

Détail savoureux pour les francophones : il l'a d'abord publié en français, « je pense, donc je suis », dans son Discours de la méthode de 1637, justement pour être lu par plus de monde que le latin ne l'aurait permis.

Page de titre de la première édition du Discours de la méthode de Descartes, parue en 1637.
La première édition du Discours de la méthode (1637), écrite en français pour être lue par plus de monde.Photo: Ian Maire (imprimeur) · Domaine public

Le cogito a ses limites et ses détracteurs. Il ne prouve que ta propre existence, pas celle des autres. Pierre Gassendi objectait qu'il introduit un « je » en douce : à la rigueur, Descartes pouvait seulement dire qu'il y a de la pensée. Et Descartes n'était pas le premier. Augustin avait écrit « si je me trompe, je suis » douze siècles plus tôt ; quand un ami le lui a signalé, Descartes est allé vérifier à la bibliothèque, et a répondu qu'il était heureux d'être d'accord avec lui, ne serait-ce que pour faire taire les petits esprits.

Quiz

0/3

  1. 1.Pourquoi même un trompeur tout-puissant ne peut-il pas duper Descartes sur sa propre existence ?
  2. 2.Quelle était l'objection de Pierre Gassendi au cogito ?
  3. 3.Que ne prouve PAS le cogito, même s'il fonctionne ?

Récap

Tu peux douter de presque tout, sauf du fait que c'est toi qui doutes.

Le fait surprenant · Augustin avait dit quelque chose de proche douze siècles plus tôt, et Descartes est allé vérifier à la bibliothèque.

Sources (2)

Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 16 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.

  1. [1]Cogito, ergo sum · Wikipedia
  2. [2]René Descartes · Wikipedia
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