Jusqu'où les quotas d'emploi ont-ils réduit l'écart de caste en Inde ?
En 1959, les personnes des castes les plus basses occupaient 1,18 % des postes publics les plus élevés en Inde. En 1995, 10,12 %, et toujours moins que leur part dans la population.
▶ Lancer l'histoireBeaucoup, mais pas complètement. Après l'indépendance, l'Inde a officialisé une politique de réservation d'emplois publics pour les personnes inscrites sur les listes officielles des castes et tribus répertoriées (Scheduled Castes et Scheduled Tribes), et ce système fonctionne depuis plus de 50 ans. Entre 1959 et 1995, la part des postes publics les mieux payés et les plus élevés occupés par des personnes des castes les plus basses a été multipliée par dix environ, passant de 1,18 à 10,12 %. Pourtant, dans ces emplois des groupes A et B, leur part restait inférieure de 30 % à leur part dans la population.
Part des castes les plus basses dans les postes publics élevés
% des emplois
| Part des postes les mieux payés et les plus élevés | |
|---|---|
| 1959 | 1,18 % des emplois |
| 1995 | 10,1 % des emplois |
Les emplois publics pèsent lourd en Inde : un rapport de 2000 estimait que la plupart des emplois se trouvaient dans des entreprises ou des organismes appartenant à l'État. En 1995, les personnes des castes les plus basses occupaient 17,2 % de l'ensemble des emplois du pays. En 1990, sur recommandation de la commission Mandal, l'Inde a ajouté une réservation de 27 % pour les « classes socialement et éducativement arriérées », en plus des 22,5 % déjà réservés aux castes les plus basses. La mesure a déclenché des manifestations massives, et beaucoup ont accusé les responsables politiques de chercher des voix.
L'outil des quotas est contesté. Le sociologue Arvind Shah, entre autres, soutient que la réservation crée paradoxalement une incitation à entretenir la stratification sociale. D'autres estiment que la réservation fondée sur la caste est nécessaire pour empêcher les castes supérieures de monopoliser les emplois publics, et rappellent qu'elle vise une représentation équitable de tous les groupes de caste plutôt que la fin de la pauvreté. Des manifestations, comme celles de 2006, ont porté les plaintes de « discrimination à rebours » venues des castes qui n'y ont pas droit.
Le contexte plus large n'a pas disparu non plus. La Constitution indienne interdit la discrimination de caste, mais la discrimination, la ségrégation, la violence et les inégalités fondées sur la caste persistent, et dans une enquête Pew de 2019-2020, 98 % des adultes indiens s'identifiaient à une caste. Le mot dalit, qui désigne ceux qu'on appelait autrefois intouchables, a été popularisé par B. R. Ambedkar, lui-même dalit, qui l'appliquait à toutes les personnes opprimées, quelle que soit leur caste.
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Récap
Les quotas ont nettement réduit l'écart de caste dans l'emploi public indien sans le combler, et on débat encore de savoir s'ils l'atténuent ou l'entretiennent.
Le fait surprenant · Dans les emplois publics des groupes A et B, la part des personnes des castes les plus basses reste inférieure de 30 % à leur part dans la population.
Sources (2)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 24 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.