À quoi ressemblaient les échecs avant de devenir les échecs ?
La pièce la plus puissante de l'échiquier aujourd'hui, la reine, a commencé comme la pièce la plus faible du jeu, capable d'avancer d'une seule case à la fois.
▶ Lancer l'histoireAvant que les échecs ne soient les échecs, il y avait le chatrang (ou shatranj), une ancienne forme du jeu pratiquée dans l'Empire sassanide, elle-même issue du jeu indien du chaturanga. Le nom porte cette histoire en lui : le mot persan shatranj remonte au sanskrit caturaṅga, signifiant à peu près « quatre bras ». La légende enjolive même son arrivée en Perse : sous le règne du roi Khosro Ier au VIe siècle, un roi indien aurait envoyé un jeu d'échecs taillé dans l'émeraude et le rubis, accompagné d'un défi que les courtisans de Khosro durent résoudre.

Le plateau et les 16 pièces par camp sembleraient familiers aujourd'hui, mais les règles ne le seraient absolument pas. Dans la plus ancienne version indienne, on pouvait simplement capturer le roi ennemi directement et gagner sur-le-champ, sans aucun avertissement. Les joueurs persans ont trouvé ça trop brutal et ont introduit l'idée d'annoncer qu'un roi était attaqué, ce qu'on appellerait aujourd'hui « échec », puis ont décrété qu'un roi ne pouvait jamais être déplacé en position d'échec. Dès lors, la seule façon de gagner était l'échec et mat, piéger le roi plutôt que de le saisir sur le plateau.
La vraie surprise, c'est à quel point certaines pièces familières étaient autrefois faibles. La pièce devenue notre reine, appelée le ferz ou « conseiller » dans le chatrang, ne pouvait avancer que d'exactement une case en diagonale, rien de plus, une pièce vraiment faible. La pièce devenue notre fou, appelée le pīl ou « éléphant », ne pouvait bondir que d'exactement deux cases en diagonale, sautant complètement par-dessus ce qui se trouvait entre les deux, ce qui faisait qu'il ne pouvait atteindre qu'un huitième des cases de tout le plateau.
Les échecs se sont répandus avec l'expansion de l'islam en Afrique du Nord puis en Espagne, et de là dans le reste de l'Europe, se transformant lentement en chemin. Le changement décisif est survenu tard, dans le royaume de Valence en Espagne quelque part entre 1475 et 1500, quand la reine et le fou ont soudainement obtenu les mouvements amples et modernes qu'on reconnaîtrait instantanément aujourd'hui. La première trace écrite en est un poème catalan de 1475, et cette nouvelle version fut surnommée « les échecs de la reine folle », parce que libérer toute la puissance de la reine rendait le jeu bien plus rapide et bien plus dangereux.
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Récap
La reine des échecs était autrefois une pièce faible qui se déplaçait d'une case en diagonale, et son fou était autrefois un « éléphant » qui sautait d'exactement deux cases en diagonale, n'atteignant qu'un huitième du plateau.
Le fait surprenant · Dans le chatrang, l'ancêtre du fou, le pīl ou « éléphant », ne pouvait atteindre qu'un huitième du plateau, si bien que deux pīls ne pouvaient jamais se prendre l'un l'autre.
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Sources (2)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 10 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.