Qu'est-ce qui rend quelque chose « sublime » plutôt que simplement beau ?
Une fleur est belle. Une tempête qui pourrait te tuer, c'est autre chose. Les philosophes se demandent depuis longtemps ce qui rend ce deuxième sentiment si différent.
▶ Lancer l'histoireSa grandeur écrasante. En esthétique, le sublime est la qualité de la grandeur, physique, morale, spirituelle ou artistique, et surtout d'une grandeur qui échappe à toute possibilité de calcul, de mesure ou d'imitation. Le beau se laisse saisir ; le sublime, non, et à partir de la fin du XVIIe siècle, des auteurs l'ont décrit comme un plaisir mêlé de quelque chose de proche de l'horreur. La première étude connue du sujet vient de Longin, pour qui le sublime désignait une pensée ou un langage grands et élevés, surtout en rhétorique, qui inspirent la crainte respectueuse et rendent un discours plus persuasif.
L'idée a pris un tour plus dur quand des écrivains ont commencé à traverser les Alpes. John Dennis décrivait ce voyage comme un plaisir pour les yeux, comme la musique pour l'oreille, mais mêlé d'horreur et presque de désespoir, et Joseph Addison écrivait que les Alpes remplissent l'esprit d'une sorte d'horreur agréable. Edmund Burke a transformé cette contradiction en philosophie : il fut le premier à soutenir que le sublime et le beau s'excluent mutuellement, aussi opposés l'un à l'autre que la lumière et l'obscurité, et il décrivait le plaisir propre au sublime comme une sorte de douleur négative qu'il appelait « délice », distincte du plaisir positif ordinaire.

Emmanuel Kant a tracé la frontière encore plus nettement. Le beau, disait-il, est lié à la forme d'un objet et possède des limites ; le sublime se trouve dans un objet informe, représenté au contraire par une absence de limites. Le beau relève de l'Entendement, tandis que le sublime relève de la Raison, révélant une faculté de l'esprit qui dépasse toute mesure des sens. Arthur Schopenhauer l'a exprimé en termes de danger : le beau t'invite à t'oublier tranquillement dans un objet, tandis que le sublime te confronte à quelque chose d'écrasant et d'assez vaste pour te détruire.
John Ruskin a ensuite réorienté tout le débat vers le moral et le spirituel, soutenant que voir vraiment la grandeur de la nature, c'était percevoir l'ordre divin qui la sous-tend, pas seulement ressentir un frisson de peur.
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Récap
Burke, Kant et Schopenhauer ont tous séparé le sublime du beau, en liant le sublime à l'immensité, à l'absence de limites ou au danger.
Le fait surprenant · Kant soutenait que le sublime se trouve dans des objets informes et sans limites qui mettent les sens en échec, tandis que la beauté est liée à la forme bornée d'un objet.
Sources (1)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 20 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.