Société et droit●●●●●Difficulty 3 of 5

L'expérience de Stanford a-t-elle vraiment prouvé que n'importe qui peut devenir cruel ?

L'étude de 1971 censée « prouver » que des étudiants ordinaires deviennent des gardiens sadiques est aujourd'hui accusée d'avoir guidé ses gardiens, et une crise célèbre aurait été simulée, selon son propre auteur.

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Probablement pas, en tout cas pas comme on la raconte d'habitude. La version célèbre dit qu'en 1971, des étudiants ordinaires répartis au hasard entre gardiens et prisonniers dans un sous-sol de Stanford sont devenus cruels si vite que l'étude, prévue pour deux semaines, a dû s'arrêter au bout de six jours. On en a tiré une leçon : c'est la situation, pas la personne, qui rend les gens maltraitants. Mais des critiques ont depuis soutenu que les gardiens avaient été guidés, que les résultats étaient anecdotiques et que l'étude ne peut pas être reproduite correctement.

Le déroulé des faits est bien réel. Vingt-quatre jeunes hommes, sélectionnés pour leur stabilité psychologique, ont été répartis au hasard entre les deux rôles. Les « prisonniers » ont été arrêtés par la vraie police de Palo Alto. Les gardiens ont reçu un uniforme kaki, une matraque en bois et des lunettes de soleil réfléchissantes. En cinq jours, leurs violences psychologiques envers les prisonniers ont empiré, jusqu'à ce que la psychologue Christina Maslach interpelle le responsable de l'étude, Philip Zimbardo, qui y a mis fin.

Un bâtiment universitaire en grès avec des fenêtres en arc, deux statues sur la façade et une balustrade de pierre devant.
Jordan Hall, le bâtiment de psychologie de Stanford. La fausse prison de 1971 a été installée dans une partie de son sous-sol.Photo: Emma Pease · CC BY-SA 4.0

Les doutes portent sur le pourquoi. Des enregistrements montrent l'étudiant qui jouait le directeur de la prison pousser un gardien à être plus « dur » pour le bien de l'expérience. Le chercheur français Thibault Le Texier a soutenu en 2018 qu'on avait demandé directement aux gardiens de se comporter de façon à confirmer des conclusions en grande partie écrites à l'avance ; Zimbardo y a vu surtout une attaque personnelle. Un gardien a dit que son expérience du théâtre l'avait aidé à jouer son rôle. Et le prisonnier 8612, dont la crise est devenue le moment le plus spectaculaire de l'étude, a affirmé en 2017 l'avoir simulée pour aller réviser un examen.

L'expérience compte toujours, mais comme exemple de ce qu'il ne faut pas faire : elle a contribué à pousser les universités à adopter des règles éthiques plus strictes pour la recherche sur des personnes.

Quiz

0/3

  1. 1.Quelle est la principale critique soulevée par Thibault Le Texier et les enregistrements de 2017 ?
  2. 2.Que suggère l'idée de « caractéristiques de la demande » sur le comportement des gardiens ?
  3. 3.Pourquoi Erich Fromm pensait-il que l'étude montrait les limites du pouvoir de la situation ?

Récap

Mieux vaut retenir l'expérience comme un avertissement sur l'éthique et les résultats orientés que comme la preuve que tout le monde devient un tyran.

Le fait surprenant · Des enregistrements montrent l'étudiant qui jouait le directeur pousser un gardien à être plus dur pour les besoins de l'expérience.

Sources (1)

Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 24 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.

  1. [1]Stanford prison experiment · Wikipedia
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