Le croissant est-il vraiment français ?
Le plus célèbre des petits-déjeuners français a été apporté à Paris par un officier d'artillerie autrichien, dont la nécrologie a oublié de le mentionner.
▶ Lancer l'histoireLe croissant est à moitié autrichien, à moitié français. Sa forme de croissant de lune vient du kipferl, une pâtisserie autrichienne attestée depuis au moins le XIIIe siècle. Mais la pâte feuilletée et beurrée qui en fait un croissant est une invention française du début du XXe siècle : les boulangers ont remplacé la pâte briochée du kipferl par une pâte levée feuilletée, garnie de beurre et pliée encore et encore.

Le pont entre les deux s'appelle August Zang. En 1838 ou 1839, cet officier d'artillerie autrichien ouvre une boulangerie viennoise, la Boulangerie Viennoise, rue de Richelieu à Paris. On y vend entre autres spécialités viennoises le kipferl ; la boutique a vite du succès et les boulangers français se mettent à l'imiter. Leur version prend le nom de sa forme : le croissant. Zang, lui, rentre au pays en 1848 et fonde un journal, Die Presse, qui existe toujours. À sa mort, sa nécrologie ne parle même pas de boulangerie.
Et la fameuse histoire des boulangers viennois qui auraient inventé la viennoiserie en 1683 pour se moquer du croissant ottoman après un siège repoussé ? C'est une légende sans aucune source d'époque, diffusée en grande partie par un seul auteur culinaire en 1938.
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Récap
Forme autrichienne, feuilletage français : kipferl plus pâte feuilletée levée égale croissant.
Le fait surprenant · L'histoire du siège de Vienne n'a aucune source d'époque et a été popularisée par un auteur culinaire en 1938.
Sources (2)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 16 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.