Pourquoi un cerveau dans une cuve ne pourrait-il jamais dire, à raison, qu'il en est un ?
Un philosophe a soutenu que même si tu étais réellement un cerveau flottant dans un bocal, relié à un supercalculateur, la phrase « je suis un cerveau dans une cuve » resterait fausse.
▶ Lancer l'histoireÀ cause de ce que ses mots peuvent vouloir dire. Le philosophe Hilary Putnam a soutenu qu'un cerveau qui n'a jamais vécu que dans une simulation ne peut pas du tout désigner de vrais cerveaux ni de vraies cuves : quand il dit « cerveau » et « cuve », il ne peut parler que de ceux, simulés, qu'il a rencontrés. Même si tu étais réellement un tel cerveau, la phrase « je suis un cerveau dans une cuve » ne serait donc pas vraie. Le scénario, imaginé par Gilbert Harman et transformé par Putnam en version modernisée du démon trompeur de Descartes, met en scène un savant fou qui retire un cerveau, le plonge dans une cuve de liquide qui le maintient en vie et le relie par des fils à un supercalculateur qui lui envoie des impulsions identiques à celles que reçoit un cerveau normal.
Étape 1: Retirer le cerveau
Un savant fou retire un cerveau de son corps.
Étape 2: Le suspendre dans une cuve
Le cerveau flotte dans un liquide capable de le maintenir en vie.
Étape 3: Le relier à un ordinateur
Des fils transmettent des impulsions identiques à celles que reçoit un cerveau normal.
Étape 4: Se croire normal
De l'intérieur, il ne peut pas savoir s'il est dans un crâne ou dans une cuve.
Le raisonnement repose sur la façon dont les mots acquièrent leur sens. L'argument de Putnam s'appuie sur la théorie causale de la référence, qui affirme qu'un mot désignant un objet n'est significatif que s'il entretient une relation causale porteuse d'information avec cet objet. Un cerveau « pur » dans une cuve, c'est-à-dire un cerveau qui n'a jamais existé hors de la simulation, n'a jamais interagi qu'avec la simulation elle-même ; donc quand il utilise les mots « cerveau » et « cuve », ces mots ne peuvent désigner que des cerveaux et des cuves simulés dans son monde artificiel, jamais de vrais. Putnam a illustré la même idée avec une image plus simple : si un singe tapait par hasard le texte exact d'Hamlet, cela ne signifierait pas qu'il fait référence à la pièce, car le singe n'en a aucune connaissance. Putnam en conclut que l'énoncé « je suis un BIV » est nécessairement faux et autoréfutant.
Au-delà de ce jeu sur les mots, le scénario a un usage plus simple et plus célèbre : servir d'argument sceptique en philosophie. Puisqu'un cerveau dans une cuve reçoit exactement les mêmes impulsions qu'il recevrait dans un crâne, et que c'est sa seule façon d'interagir avec quoi que ce soit, il est impossible de dire, de l'intérieur, si l'on est dans un crâne ou dans une cuve. Et comme on ne peut pas l'exclure, le sceptique conclut qu'il n'y a aucune bonne raison de croire quoi que ce soit : une version moderne de doutes bien plus anciens, dont le concept hindou de Maya, le rêve de Zhuangzi se croyant papillon, et le démon trompeur de Descartes.
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Récap
Un cerveau kidnappé, autrefois incarné, placé dans une cuve pourrait dire vrai en se qualifiant de cerveau dans une cuve ; un cerveau « pur » n'ayant jamais existé hors de la simulation ne le pourrait pas.
Le fait surprenant · Putnam a soutenu qu'un cerveau « pur » dans une cuve ne pourrait jamais dire vrai en affirmant en être un, car ses mots ne désigneraient que des choses à l'intérieur de la simulation, rendant l'énoncé autoréfutant.
Sources (1)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 21 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.