Pourquoi certains bouddhistes retardent-ils leur propre éveil ?
Dans le plus ancien récit du chemin du Bouddha, l’une de ses vies passées étale ses propres cheveux pour qu’un Bouddha antérieur marche dessus.
▶ Lancer l'histoireDans le bouddhisme, un bodhisattva est quelqu’un qui a atteint l’éveil ou qui s’en approche, et le mot désigne souvent celui qui retarde son propre nirvana pour aider les autres à atteindre l’état de Bouddha. La raison, c’est la compassion : dans le bouddhisme mahayana, le bodhisattva veut devenir Bouddha pour le bien de tous les êtres, pas seulement pour lui-même. Certains textes en font un vœu : « Je n’entrerai pas dans le nirvana final avant que tous les êtres aient été libérés. »
Toutes les traditions ne voient pas les choses ainsi. Dans le bouddhisme theravada, le bodhisattva est un individu exceptionnel et rare, comme Maitreya. Le mahayana, lui, juge la voie ouverte à tous : quiconque fait naître la bodhicitta, le vœu spontané d’atteindre l’état de Bouddha pour le bien de tous les êtres sensibles, est un bodhisattva. Même le « retard » fait débat. Certains textes mahayana disent que le bodhisattva doit différer son éveil, tandis que des textes plus tardifs décrivent un nirvana « non fixé » qui permet à un Bouddha de continuer à agir dans le monde : plus rien à différer.
Le plus ancien récit connu sur la façon de devenir bodhisattva est saisissant. Dans une vie antérieure, le futur Bouddha Gautama rencontra un Bouddha antérieur, Dipankara, lui offrit cinq lotus bleus et étala ses cheveux, ou son corps entier, pour que Dipankara marche dessus, en faisant le vœu de devenir Bouddha à son tour. Dipankara confirma qu’il le deviendrait. Les premiers auteurs bouddhistes y ont vu la preuve qu’il faut, pour être bodhisattva, une résolution prise devant un Bouddha vivant et la confirmation de ce Bouddha. Une école ancienne évaluait la route restante à trois « ères incalculables » plus quatre-vingt-onze autres.

Les bodhisattvas sont aussi devenus des figures de dévotion. Manjushri et Avalokiteshvara, qui incarnent la sagesse et la compassion, sont les deux bodhisattvas les plus importants du mahayana. Les bouddhistes tibétains voient dans les dalaï-lamas des émanations de Chenrezig, le bodhisattva de la compassion, et des rois du Sri Lanka étaient décrits comme des bodhisattvas dès le IIIe siècle.
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Récap
Le theravada voit le bodhisattva comme une rare exception ; le mahayana en fait une voie ouverte à quiconque souhaite atteindre l’état de Bouddha pour le bien de tous les êtres.
Le fait surprenant · Des textes mahayana plus tardifs ne voyaient aucune raison de différer le nirvana : un nirvana « non fixé » permet à un Bouddha de continuer à agir dans le monde.
Sources (1)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 18 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.