Pourquoi le Parthénon est-il secrètement courbé ?
Son sol se bombe de 10 cm au milieu et ses colonnes penchent vers l'intérieur. Depuis plus de 170 ans, on se dispute sur le pourquoi.
▶ Lancer l'histoireLe Parthénon est courbé exprès, mais personne ne sait vraiment pourquoi, et l'explication la plus célèbre pourrait bien être un mythe. Quand des géomètres du XIXᵉ siècle ont mesuré le temple avec précision, ils ont découvert qu'il n'est pas fait de lignes droites. Sa plateforme se bombe vers le haut au milieu, de 10,3 centimètres sur 70 mètres. Ses colonnes gonflent légèrement avant de s'affiner vers le sommet, un procédé appelé entasis. Les colonnes et les murs penchent un peu vers l'intérieur, et les colonnes d'angle sont légèrement décalées.

L'explication classique vient de Francis Penrose, en 1851 : les Grecs auraient ajouté ces courbes convexes pour compenser l'impression d'affaissement ou d'étranglement que de longues formes droites peuvent donner à l'œil humain. C'est une jolie histoire, qui remonte à Héron d'Alexandrie, dans l'Antiquité. Le problème, c'est qu'aucune trace du raisonnement des bâtisseurs ne nous est parvenue ; en fait, aucun texte grec antique sur l'architecture n'a survécu. Et des expériences de psychologie moderne suggèrent que l'on ne perçoit pas vraiment l'illusion que l'entasis est censée corriger.
Alors le débat continue. Certains chercheurs avancent des raisons pratiques, comme un sol bombé qui évacue l'eau de pluie. D'autres pensaient que les courbes venaient simplement du tassement du bâtiment, ou qu'elles relevaient de la beauté et du symbole. Un architecte a suggéré qu'une colonne renflée évoque un muscle sous l'effort, ce qui colle à la racine grecque d'« entasis », qui signifie « tendre ». Et le mathématicien d'Oxford Alain Goriely qualifie toute l'idée de corrections optiques de l'un des mythes les plus anciens et les plus tenaces de l'histoire : des courbes bien réelles, selon lui, mais trop faibles pour être remarquées d'où l'on regarde.
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Récap
Les courbes sont mesurées et bien réelles ; leur raison, illusion, drainage, tassement ou beauté, fait toujours débat.
Le fait surprenant · Le mathématicien Alain Goriely qualifie l'idée de correction optique de l'un des mythes les plus anciens et les plus tenaces de l'histoire humaine.
Sources (2)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 18 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.