Les gladiateurs se battaient-ils vraiment jusqu'à la mort ?
Un tableau célèbre de 1872 montrant une foule faire « pouce vers le bas » a façonné notre image des combats de gladiateurs. Des squelettes retrouvés dans un vrai cimetière de gladiateurs racontent une tout autre histoire.
▶ Lancer l'histoireGénéralement non. La plupart des combats semblent s'être terminés avec les deux combattants encore en vie. Un gladiateur entraîné coûtait cher à former, nourrir et loger, donc son propriétaire avait toutes les raisons financières de le garder en vie pour le prochain spectacle. Les combats étaient arbitrés, parfois interrompus pour le repos, et pouvaient être arrêtés avant qu'on en meure.
Cela ne veut pas dire que c'était sans danger. À partir de stèles funéraires du 1er siècle, l'historien George Ville a estimé qu'environ 19 hommes sur 100 entrés dans l'arène y mouraient. Le gladiateur mourait en moyenne à 27 ans. Et les risques ont empiré avec le temps : le risque de mort d'un gladiateur vaincu est passé d'environ 1 sur 5 à 1 sur 4. Un combattant battu pouvait lever un doigt pour demander l'arrêt du combat. La décision finale sur sa vie revenait à l'organisateur des jeux, qui suivait généralement la réaction de la foule. Il l'annonçait par un geste appelé pollice verso, « le pouce tourné ».
19 sur 100
Voici le rebondissement : personne aujourd'hui ne sait vraiment à quoi ressemblait ce geste. Les auteurs antiques ne le décrivent jamais assez précisément pour dire si le pouce pointait vers le haut, vers le bas, sur le côté, ou était caché dans un poing fermé. L'idée que « pouce vers le bas » signifie la mort, qui semble si évidemment romaine, a été popularisée par un tableau français, Pollice Verso, peint par Jean-Léon Gérôme en 1872. Il a connu un énorme succès, et le cinéma l'a reprise, jusqu'au film Gladiator de 2000.

Une partie des meilleures preuves vient des corps eux-mêmes. Les auteurs romains disent qu'un gladiateur vaincu devait bien mourir, en offrant son cou au coup final. Des restes de gladiateurs retrouvés dans un cimetière à Éphèse, dans l'actuelle Turquie, le confirment. Dans un cimetière de gladiateurs, certains crânes, pas tous, portent la trace d'un coup de maillet probablement mortel. Une vraie violence, donc, mais aussi de vraies règles.
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Récap
Les gladiateurs étaient des biens précieux, entraînés et nourris pour survivre, arbitrés pendant les combats ; un vaincu n'était tué que si l'organisateur des jeux, suivant généralement la foule, le décidait.
Le fait surprenant · Aucune source antique ne décrit le geste du « pouce vers le bas » assez clairement pour le reconstituer ; l'idée a été popularisée par un tableau de 1872, pas par des textes romains.
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Sources (3)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 14 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.