Les oiseaux ont-ils des accents régionaux ?
Les jeunes oiseaux chanteurs babillent avant de savoir chanter, s'entraînent pendant des mois et reprennent les particularités de leur père. Reste à savoir si cela fait un « accent ».
▶ Lancer l'histoireD'une certaine façon, oui, même si les scientifiques discutent du mot. Chez beaucoup d'espèces, le chant de base est le même pour tous, mais les jeunes en apprennent certains détails auprès de leur père, et ces variations s'accumulent au fil des générations en ce qu'on appelle des dialectes. Les types de chant du pinson des arbres, par exemple, se regroupent par zones. Certains chercheurs nuancent : ce ne sont pas des dialectes comme les nôtres, car tous les oiseaux d'une zone ne chantent pas le type local, et aucun trait ne distingue un type de tous les autres, comme le font les mots propres à un dialecte humain.
L'apprentissage ressemble beaucoup à celui d'un bébé qui apprend à parler. L'oisillon écoute d'abord le chant d'un adulte et le mémorise comme un modèle. Puis il s'exerce en comparant sa voix à ce souvenir. Ses premiers essais, le « sous-chant », sont si variables que les chercheurs les comparent au babillage d'un nourrisson. Bientôt vient un « chant plastique », reconnaissable mais encore flottant, puis, après deux ou trois mois, un « chant cristallisé » stable.

On sait depuis au moins 1773 que les oiseaux apprennent leurs cris, et des expériences d'élevage croisé ont même amené une linotte à apprendre le chant d'une alouette. En 1954, le chercheur Thorpe a montré l'importance du tuteur : des pinsons élevés seuls dès leur première semaine chantaient des chants anormaux et plus pauvres. L'apprentissage du chant est une forme d'apprentissage moteur qui implique les ganglions de la base, et ses modèles aident les chercheurs à modéliser l'apprentissage de la parole chez l'humain.
Tous les oiseaux ne continuent pas d'apprendre. Le diamant mandarin fixe son chant dès sa première année, tandis que le canari peut apprendre de nouveaux chants à l'âge adulte.
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Récap
Si le chant d'un jeune oiseau ressemble à un babillage bruyant, ce n'est pas un défaut : cette étape s'appelle littéralement le « sous-chant », la même étape d'apprentissage que le babillage d'un bébé humain.
Le fait surprenant · Une expérience d'élevage croisé a montré qu'une linotte élevé parmi des alouettes apprenait le chant de l'alouette plutôt que celui de sa propre espèce, montrant que le chant des oiseaux s'apprend culturellement.
Sources (1)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 17 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.