Pourquoi les bébés disent-ils « mama » et « papa » dans tant de langues ?
Swahili, mandarin, polonais et quechua utilisent presque les mêmes sons pour « mère ». Les linguistes n'y voient pas une langue ancêtre commune, mais la façon dont les bébés babillent.
▶ Lancer l'histoireParce que « mama » et « papa » sont faits de quelques-uns des sons les plus faciles à produire pour un bébé : les bébés les babillent tôt, et les parents les prennent pour leur nom. Dans beaucoup de langues, le mot pour « mère » ou « père » retombe sans cesse sur la même poignée de sons. Le mandarin bàba, le yoruba bàbá, le persan baba et l'araméen abba veulent tous dire « père ». Le swahili mama, le quechua mama, le polonais mama et le navajo amá veulent tous dire « mère ». Les linguistes ne voient pas la nécessité d'expliquer ces ressemblances par un ancêtre commun : on pense qu'il s'agit d'une coïncidence liée à la façon dont les bébés apprennent à parler.
Les sons de « mama » et « papa » sont tout simplement parmi les plus faciles à produire pour une bouche humaine : des consonnes comme /m/, /p/ et /b/, obtenues en fermant simplement les lèvres, associées à la voyelle grande ouverte /a/. Ce sont souvent parmi les premiers sons proches de mots que font les bébés qui babillent. Partout dans le monde, les parents, en entendant leur propre bébé produire quelque chose comme « mama » ou « papa », supposent naturellement que le bébé parle d'eux, et adoptent ce son dans le langage familial.

Le linguiste Roman Jakobson a retracé le son « m » encore plus loin, jusqu'à l'allaitement lui-même : un bébé qui tète, les lèvres scellées autour du sein ou du biberon, ne peut produire qu'un léger murmure nasal, puisque sa bouche est occupée. Ce même murmure devient plus tard un signal de faim ou de manque, même en dehors de la tétée. Comme le disait Jakobson, un bébé qui babille « mamma, mamma » sans penser à rien de précis est entendu différemment par chaque adulte autour de lui : l'un croit qu'il appelle sa mère, l'autre son père, un troisième pense qu'il a simplement faim, et en un sens chaque interprétation est à la fois juste et fausse.
Ce n'est pas universel : en fidjien, « mère » se dit nana, en turc ana, et le vieux japonais utilisait papa pour « mère », tandis que son mot pour « père » était titi, l'ancêtre du chichi moderne.
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Récap
Quand un mot pour mère ou père se ressemble dans deux langues sans lien, soupçonne d'abord des sons faciles de bébé avant de soupçonner un ancêtre commun.
Le fait surprenant · En vieux japonais, papa voulait dire « mère », ce qui montre que même ces sons de bébé soi-disant « universels » peuvent s'attacher au parent opposé selon les langues.
Sources (1)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 11 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.