Corps humain●●●●●Difficulty 3 of 5

Que se passe-t-il vraiment quand un neurone « s'allume » ?

Chaque pensée et chaque frisson voyagent sur une minuscule décharge électrique qui dure un millième de seconde. C'est un calmar qui nous a appris comment elle marche.

▶ Lancer l'histoire

Quand un neurone s'active, sa tension électrique s'inverse pendant environ un millième de seconde, et cette inversion file le long de sa fibre comme une rangée de dominos qui tombent. Au repos, l'intérieur d'un neurone est à environ −70 millivolts par rapport à l'extérieur. Les signaux des autres neurones font monter ou baisser ce chiffre. S'il grimpe jusqu'à environ −55 millivolts, de minuscules portes de la membrane, les canaux sodium, s'ouvrent d'un coup : le sodium s'engouffre, l'intérieur devient positif, et cela ouvre encore plus de portes. Puis les portes à sodium se ferment, le potassium sort, et la cellule revient au repos.

Une décharge, étape par étape
  1. Étape 1: Repos à −70 mV

    L'intérieur est négatif par rapport à l'extérieur

  2. Étape 2: Les signaux atteignent −55 mV

    Assez de petites poussées s'additionnent jusqu'au seuil

  3. Étape 3: Le sodium s'engouffre

    Les canaux ouverts en ouvrent d'autres : l'intérieur devient positif

  4. Étape 4: Le potassium sort

    Les portes à sodium se verrouillent et la tension redescend

  5. Étape 5: Courte récupération

    Le bout de membrane ne peut pas recommencer tout de suite : la vague avance

Chaque décharge déclenche la même chose dans le bout de membrane voisin : le signal est reconstruit à chaque étape et arrive aussi fort qu'au départ. Le bout qui vient de s'activer a besoin d'un instant pour récupérer, c'est pourquoi la vague n'avance que dans un sens. Et une décharge, c'est tout ou rien : un pincement plus fort ne donne pas une décharge plus grosse, il en donne davantage par seconde.

On le sait grâce à un calmar. Son réflexe de fuite passe par une fibre nerveuse géante d'environ un millimètre de large, cent fois plus qu'un neurone ordinaire, visible à l'œil nu. Alan Hodgkin et Andrew Huxley y ont glissé des électrodes et décrit toute la séquence en 1952, ce qui leur a valu un prix Nobel en 1963. Tes nerfs ont trouvé plus malin que la taille : une gaine grasse, la myéline, qui fait sauter le signal, si bien que des fibres fines le transportent à plus de 100 mètres par seconde.

Quiz

0/3

  1. 1.Pourquoi un potentiel d'action arrive-t-il au bout d'une longue fibre nerveuse aussi fort qu'au départ ?
  2. 2.Si le potentiel d'action est en tout ou rien, comment un nerf indique-t-il au cerveau qu'un pincement est fort plutôt que léger ?
  3. 3.À quoi sert la myéline, et que se passe-t-il dans la sclérose en plaques ?

Récap

Le sodium entre, le potassium sort, et tout est reconstruit à chaque étape : une décharge ne grossit jamais, elle devient seulement plus fréquente.

Le fait surprenant · Hodgkin et Huxley ont percé le mécanisme en 1952 grâce à l'axone géant du calmar, environ 100 fois plus large qu'un neurone ordinaire.

Sources (2)

Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 21 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.

  1. [1]Action potential · Wikipedia
  2. [2]Squid giant axon · Wikipedia
D'autres leçons · 🫀 Corps humain (3) Toutes les leçons « Corps humain » →

Une lumière de plus sur ta carte.

Reçois une leçon comme celle-ci chaque jour, sur les sujets que tu aimes. Gratuit, en deux ou cinq minutes.

Récupère la carte à partager de cette leçon ↗