Comment Beethoven composait-il une musique qu'il entendait à peine ?
À la création de sa Neuvième Symphonie, Beethoven continuait de battre la mesure alors que la musique était finie. Une chanteuse a dû le retourner pour qu'il voie la salle l'acclamer.
▶ Lancer l'histoireBeethoven a pu composer en perdant l'ouïe parce que la musique existait d'abord dans sa tête. Il avait écouté et joué de la musique pendant une trentaine d'années avant que sa surdité ne s'installe : il savait exactement comment sonnent un violon, un cor ou un chœur, et comment ils sonnent ensemble. Son audition a décliné lentement plutôt que d'un coup, ce qui lui a permis de continuer à imaginer ses œuvres dans le moindre détail. Pour lui, composer revenait davantage à noter ce qu'il entendait déjà intérieurement qu'à tâtonner au piano.
Ce fut quand même un combat terrible. Son ouïe a commencé à faiblir vers 1798, avec de violents acouphènes. En 1802, il a écrit à ses frères une lettre, jamais envoyée, où il avouait avoir pensé au suicide, mais décidait de vivre pour son art. Plus tard, ses amis ont dû écrire leur part des conversations dans des carnets.
1798
Début de la perte auditive, avec de violents acouphènes
1802
Il écrit le Testament de Heiligenstadt
1812
Il entend encore normalement parole et musique, selon Czerny
1814
Il commence à utiliser les cornets acoustiques de Maelzel
1818
Les conversations passent par des carnets
1824
Création de la Neuvième Symphonie
Il a aussi trouvé des astuces physiques. Ses gouvernantes se souvenaient de lui tenant un crayon entre les dents, l'autre bout posé sur le piano, pour sentir vibrer les notes. Et contrairement à la légende, il n'est jamais devenu totalement sourd : il percevait encore les sons graves et les bruits forts et soudains.
À la création de sa Neuvième Symphonie, en 1824, il se tenait à côté du chef d'orchestre, avec plusieurs mesures de retard, jusqu'à ce qu'une jeune chanteuse le retourne pour qu'il voie le public l'acclamer.
Quiz
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Récap
Trente ans d'écoute ont bâti une bibliothèque de sons dans la tête de Beethoven, et un déclin lent lui a permis de continuer à s'en servir.
Le fait surprenant · Ses premières œuvres regorgent d'aigus, celles du milieu en contiennent moins, et les aigus reviennent à la fin de sa vie, quand il compose uniquement d'imagination.
Sources (4)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 16 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.