Cinéma●●●●●Difficulty 2 of 5

Comment des images fixes deviennent-elles un film qui bouge ?

Les manuels disent souvent que les images « restent imprimées sur la rétine ». Les psychologues ont rejeté cette idée il y a plus d'un siècle.

▶ Lancer l'histoire

Un film, c'est une longue suite d'images fixes, appelées photogrammes, montrées si vite l'une après l'autre que ton cerveau voit du mouvement au lieu d'un diaporama. En animation, à partir de 16 images par seconde, le mouvement paraît continu. Le mouvement n'est pas sur l'écran : il est fabriqué dans ta tête.

Pendant longtemps, l'explication classique a été la persistance rétinienne : chaque image resterait un instant sur la rétine et se fondrait dans la suivante, comme une braise qu'on fait tourner dans le noir laisse une traînée de feu. Cette histoire est encore répétée, y compris dans beaucoup de livres de théorie du cinéma. Mais les psychologues et les physiologistes l'ont rejetée comme explication de ce qu'on voit au cinéma. Dès 1868, William Carpenter suggérait que l'effet était plus mental que rétinien.

Une grille de douze petites photos en silhouette d'un cheval et de son cavalier à différents moments du galop.
The Horse in Motion d'Eadweard Muybridge (1878) : des photos fixes prises par une rangée d'appareils. Montrées vite à la suite, elles deviennent un cheval au galop.Photo: Eadweard Muybridge · Public domain

Le test décisif est venu en 1912, quand le psychologue Max Wertheimer a fait apparaître brièvement deux formes semblables à deux endroits voisins. À la bonne vitesse, les gens voyaient une seule forme se déplacer, et pourtant ils ne voyaient rien dans l'intervalle entre les deux positions. Rien ne persistait : le cerveau déduisait le mouvement. Son étude, menée sur ses propres collègues, a conduit à la fondation de la psychologie de la forme, la Gestalt.

Aujourd'hui, on considère que l'œil n'est pas une caméra et ne voit pas en images par seconde. Au cinéma, chaque image diffère à peine de la précédente, et notre système visuel ne distingue pas ce mouvement apparent d'un mouvement réel. La persistance rétinienne survit dans un rôle plus modeste : quand des éclairs se succèdent trop vite pour être distingués, ils fusionnent en une lumière stable, et c'est pour ça qu'on ne remarque pas le scintillement entre les images.

Deux explications du mouvement au cinéma

Vieille histoire : persistance rétinienne

  • Chaque image reste sur la rétine
  • Les images se fondent l'une dans l'autre
  • Encore répétée dans beaucoup de livres de cinéma

Vision moderne : mouvement apparent

  • Le cerveau déduit le mouvement entre les images
  • On ne voit rien dans l'intervalle
  • La fusion du papillotement ne fait que masquer les intervalles noirs

Quiz

0/3

  1. 1.Qu'a montré l'expérience de Max Wertheimer en 1912 ?
  2. 2.Quel rôle la persistance rétinienne, au sens moderne de fusion du papillotement, joue-t-elle vraiment au cinéma ?
  3. 3.Pourquoi le mouvement au cinéma ressemble-t-il tant à un mouvement réel ?

Récap

L'œil n'est pas une caméra : les films bougent parce que ton cerveau lit les petites différences entre images fixes comme du mouvement.

Le fait surprenant · La persistance rétinienne, l'explication classique des manuels, a été rejetée par les psychologues mais figure encore dans beaucoup de livres de théorie du cinéma.

Sources (4)

Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 19 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.

  1. [1]Film · Wikipedia
  2. [2]Persistence of vision · Wikipedia
  3. [3]Beta movement · Wikipedia
  4. [4]Phi phenomenon · Wikipedia
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