Y a-t-il vraiment un « toi » derrière tes pensées, ou seulement les pensées elles-mêmes ?
David Hume a cherché son soi au fond de lui-même et n'a cessé de tomber sur des perceptions isolées, le chaud ou le froid, l'amour ou la haine, jamais sur un soi qui les aurait eues.
▶ Lancer l'histoireSeulement les pensées, répond la théorie du faisceau. Il n'y a pas de soi séparé assis derrière elles. Le philosophe écossais David Hume est parti à sa recherche. « Quand je pénètre le plus intimement dans ce que j'appelle moi-même, écrivait-il, je tombe toujours sur une perception particulière ou une autre. » Le chaud ou le froid, l'amour ou la haine, la douleur ou le plaisir. Jamais un soi tout seul.

Hume en a conclu que nous ne sommes qu'un faisceau de perceptions. Elles se succèdent avec une rapidité inconcevable, dans un flux perpétuel. Cela contredit Descartes, pour qui le « je » de « je pense » était une chose pensante derrière ses pensées. John Locke avait déjà reconnu à quel point cette idée de substance est mince. Privée de ses qualités, il ne pouvait l'appeler que « quelque chose, je ne sais quoi ».
Théorie de l'ego (Descartes)
- Un soi pensant se tient derrière chaque pensée
- Le soi est une substance qui persiste
Théorie du faisceau (Hume)
- On ne trouve jamais que des perceptions
- Le « soi » n'est que le faisceau, pas un propriétaire de celui-ci
La philosophie bouddhiste a une idée voisine : la doctrine de l'anattā, ou non-soi. Elle affirme qu'aucun soi permanent et immuable n'existe en quoi que ce soit. Le philosophe Chandrakirti comparait le soi à un chariot. Un chariot n'est pas autre chose que ses pièces. Pourtant il n'est pas simplement ses pièces, ni leur tas, ni leur forme. Fouille les roues et les planches à la recherche du « vrai » chariot : il n'y a rien de plus à trouver.
La grande objection s'appelle la coprésence. Si rien ne fait le lien, qu'est-ce qui tient ces perceptions ensemble en un seul flux, en toi ? Les critiques pensent qu'un soi unificateur doit bien faire ce travail. Les théoriciens du faisceau peuvent répondre avec Locke : personne n'a jamais dit ce que serait ce soi.
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Récap
La plus grande difficulté de la théorie du faisceau est d'expliquer la coprésence : ce qui fait qu'un ensemble de perceptions appartient ensemble à un seul flux, plutôt que d'être des éclairs épars et sans lien, si rien ne fait le lien entre elles.
Le fait surprenant · Le philosophe bouddhiste Chandrakirti comparait le soi à un chariot : fouille les roues et les planches à la recherche du « vrai » chariot, il n'y a rien de plus à trouver.
Sources (3)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 14 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.