Pourquoi un mathématicien du XVIIe siècle a-t-il traité la croyance en Dieu comme un pari ?
L'homme qui a contribué à inventer le calcul des probabilités l'a appliqué à la plus grande des questions, et gardait un texte sur sa propre foi cousu dans son manteau.
▶ Lancer l'histoireParce que Blaise Pascal pensait que la raison seule ne pourrait jamais trancher l'existence de Dieu, alors que chacun doit bien vivre d'une façon ou d'une autre. Il a donc traité la question comme un pile ou face auquel on ne peut pas refuser de jouer, et s'est demandé ce que ferait un joueur raisonnable.
Sa réponse, notée dans des papiers publiés après sa mort sous le titre de Pensées, compare les issues. Si tu vis en croyant et que Dieu n'existe pas, tu ne perds que des choses finies, quelques plaisirs et quelques luxes. Si Dieu existe, tu gagnes l'infini. « Si vous gagnez, vous gagnez tout ; si vous perdez, vous ne perdez rien », écrit-il. Dans le langage de la théorie de la décision, parier sur Dieu a toujours la plus grande espérance, pourvu que la probabilité que Dieu existe ne soit pas nulle.
Pascal était bien placé pour raisonner ainsi : en 1654, sa correspondance avec Pierre de Fermat sur des problèmes de jeux de hasard a donné naissance au calcul des probabilités. La même année, il a vécu une intense expérience religieuse et l'a consignée dans un billet qu'il a cousu dans son manteau. Un domestique ne l'a découvert qu'après sa mort.
Vivre comme si Dieu existait
- Si Dieu existe : gain infini
- Sinon : seulement des pertes finies, quelques plaisirs
Vivre comme si Dieu n'existait pas
- Si Dieu existe : perte sans limite
- Sinon : tu ne gagnes rien
Les critiques n'ont cessé de répliquer depuis des siècles. Voltaire répondait que l'intérêt qu'on a à croire une chose ne prouve pas qu'elle existe. Diderot faisait remarquer qu'un imam pourrait raisonner exactement de la même façon, puisque bien des religions pourraient faire le même pari. Et certains doutent qu'une foi adoptée pour ce qu'elle rapporte soit une vraie foi.
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Récap
Mise finie, gain possible infini : tout le pari tient dans cette asymétrie, et l'objection des nombreux dieux est son point faible le plus connu.
Le fait surprenant · Le même homme a contribué à fonder le calcul des probabilités en 1654, dans des lettres à Fermat sur les jeux de hasard.
Liens
- ⚖️ Croire en Dieu est-il vraiment un choix tout ou rien ?
- 🎲 Comment une partie inachevée a-t-elle donné naissance à la théorie des probabilités ?
- Decision theory
- Expected value
- Pascals mugging
Sources (2)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 16 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.