Terre et climat●●●●●Difficulty 2 of 5

Comment un traité a-t-il été ratifié par tous les pays de l'ONU ?

Il a fallu seulement 18 mois entre la découverte d'un trou dans la couche d'ozone et un traité mondial contraignant pour le réparer, et aujourd'hui tous les États membres de l'ONU l'ont ratifié.

▶ Lancer l'histoire

En rendant la menace impossible à ignorer, et l'accord possible pour tous. Le protocole de Montréal, conclu en 1987 pour éliminer les substances qui détruisent la couche d'ozone, a été ratifié par 198 parties : tous les États membres de l'ONU, plus les îles Cook, Niue, le Saint-Siège, l'État de Palestine et l'Union européenne. C'est ainsi devenu le premier traité universellement ratifié de l'histoire des Nations unies, et l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan y voyait « peut-être l'accord international le plus réussi à ce jour ».

La menace venait de la chimie. En 1974, les chimistes Frank Sherwood Rowland et Mario Molina découvrent que les CFC, utilisés dans le froid industriel et les bombes aérosols, sont assez stables pour monter jusque dans la stratosphère, où les ultraviolets les brisent et libèrent des atomes de chlore capables de détruire de grandes quantités d'ozone. Puis, en 1985, des scientifiques du British Antarctic Survey mesurent un taux d'ozone anormalement bas au-dessus de Halley Bay et le relient à la hausse des CFC. Cette découverte inattendue, les images de la NASA montrant le « trou d'ozone » et la force de cette image elle-même ont suffisamment frappé les négociateurs pour qu'ils prennent le problème au sérieux.

Une image de la NASA montrant le trou d'ozone au-dessus de l'Antarctique sous forme d'une vaste zone violette et bleue d'ozone appauvri.
Une image de la NASA du trou d'ozone antarctique, en 1998. Les images du trou réalisées par la NASA ont pesé lourd dans les négociations de 1987.Photo: NASA · Public domain

Le traité avance alors à une vitesse rarissime : entre la découverte du trou d'ozone et un accord contraignant signé à Montréal, il ne s'écoule que 18 mois. Mostafa Kamal Tolba, alors à la tête du Programme des Nations unies pour l'environnement, est considéré comme le « père du protocole de Montréal » pour avoir réuni les nations autour de la table.

Et le traité a été pensé pour que chacun puisse y adhérer : les pays en développement ont obtenu des délais supplémentaires, ainsi qu'un mécanisme financier pour les aider à s'y conformer. Le résultat se mesure : le trou d'ozone antarctique se résorbe lentement, et la couche d'ozone devrait retrouver son niveau de 1980 vers 2040 dans une grande partie du monde, et vers 2066 au-dessus de l'Antarctique.

Quiz

0/3

  1. 1.Quelle découverte scientifique, en 1974, a d'abord alerté sur les dangers des CFC ?
  2. 2.Qu'est-ce qui a accéléré les négociations du protocole de Montréal ?
  3. 3.Comment le protocole de Montréal a-t-il pris en compte les pays en développement ?

Récap

La couche d'ozone devrait retrouver son niveau de 1980 vers 2040 dans la majeure partie du monde, et vers 2066 au-dessus de l'Antarctique.

Le fait surprenant · Il n'a fallu que 18 mois entre la découverte du trou d'ozone antarctique et la signature d'un traité mondial contraignant.

Sources (2)

Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 14 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.

  1. [1]Montreal Protocol · Wikipedia
  2. [2]Protocole de Montréal · Wikipédia
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