Pourquoi l'Athènes antique tirait-elle ses dirigeants au sort ?
Pour les Athéniens, inventeurs de la démocratie, l'élection était une affaire d'aristocrates. La vraie démocratie, c'était le tirage au sort.
▶ Lancer l'histoireAthènes tirait au sort la plupart de ses magistrats parce que ses citoyens pensaient que c'était ça, la démocratie. Les élections, à leurs yeux, favorisaient les riches, les célèbres et tous ceux qui pouvaient acheter des voix. Le tirage au sort, lui, ignorait la popularité et l'argent : chaque citoyen éligible avait la même chance, et personne ne pouvait s'acheter un poste. Beaucoup d'auteurs grecs le disent sans détour : le tirage au sort est démocratique, l'élection est oligarchique, c'est-à-dire le pouvoir de quelques-uns.
Les chiffres frappent. Environ 1 100 Athéniens exerçaient une charge publique chaque année, et seuls une centaine étaient élus. Tous les autres, dont les 500 membres du conseil de la cité, étaient tirés au sort. L'élection était réservée aux postes où la compétence ou la fortune comptaient vraiment : les dix stratèges, et les magistrats qui maniaient de grosses sommes, en partie parce qu'on pouvait récupérer l'argent détourné sur les biens d'un homme riche.
Comment Athènes pourvoyait ses charges chaque année
magistrats (env.)
| Magistrats par an | |
|---|---|
| Tirés au sort | 1 000 magistrats (env.) |
| Élus | 100 magistrats (env.) |
Pour que le tirage soit équitable, Athènes a construit une machine. Le klérotérion était une dalle de pierre creusée de rangées de fentes où l'on glissait les jetons nominatifs des citoyens, avec un tube qui libérait des dés noirs et blancs. Chaque dé retenait ou écartait d'un coup une rangée entière de noms.
Le système avait ses garde-fous. Seuls les citoyens hommes de plus de 30 ans pouvaient être tirés, les élus du sort étaient examinés, et chacun devait rendre des comptes sur son année de mandat. Aucune charge obtenue par tirage ne pouvait être exercée deux fois : les Athéniens craignaient davantage l'accumulation du pouvoir que l'amateurisme. Tout le monde n'était pas convaincu : Socrate doutait que des gens choisis au hasard aient assez d'expertise. L'idée survit aujourd'hui dans les jurys et dans les assemblées citoyennes tirées au sort.
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Récap
Pour les Athéniens, l'élection était aristocratique et le tirage au sort démocratique.
Le fait surprenant · Athènes utilisait une machine de pierre à tirer au sort, le klérotérion, avec des fentes pour les jetons et un tube de dés noirs et blancs.
Sources (3)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 22 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.