Pourquoi parle-t-on en métaphores sans même s'en rendre compte ?
Décris le crime comme une « bête » plutôt que comme un « virus », et les gens choisissent d'autres politiques pour le combattre.
▶ Lancer l'histoireParce que les métaphores ne sont pas de simples ornements : c'est l'une des principales façons dont nous comprenons les choses abstraites. Une métaphore désigne une chose en en évoquant une autre, comme le « Le monde entier est un théâtre » de Shakespeare. George Lakoff et Mark Johnson ont soutenu en 1980 que ces comparaisons sont partout dans la vie quotidienne, dans notre façon de penser et d'agir, pas seulement de parler. Nous nous servons de ce que nous connaissons par le corps et l'expérience de tous les jours pour saisir des idées comme le temps, le travail ou les sentiments.
Étape 1: Teneur
La chose décrite : « le monde »
Étape 2: Véhicule
La chose empruntée : « un théâtre »
Étape 3: Transfert
Les traits du théâtre sont transportés sur le monde
Étape 4: Nouvelle compréhension
Une idée abstraite devient concrète
Tends l'oreille et elles surgissent partout. « Le temps, c'est de l'argent » : on le dépense, on l'économise, on le gaspille. « La discussion, c'est la guerre » : on attaque des positions, on défend des arguments. Les idées sont de la nourriture : on dévore un livre, on digère les faits, on les laisse mijoter. Même les mots isolés cachent de vieilles métaphores : en anglais, « window » (fenêtre) était autrefois l'« œil du vent », et « métaphore » vient d'un mot grec qui signifie « transfert » : on transporte le sens d'un endroit à un autre.
Parce qu'elles façonnent la pensée, les métaphores peuvent aussi orienter les décisions. Dans une étude de 2011 de Thibodeau et Boroditsky, les personnes qui lisaient que le crime était « une bête qui dévore la ville » préféraient une police plus dure, tandis que celles à qui l'on parlait d'« un virus qui infecte la ville » préféraient la réforme et la prévention. Une expression comme « allègement fiscal » laisse entendre, l'air de rien, que l'impôt est un fardeau.
Aristote pensait qu'être « maître de la métaphore » était le plus grand des dons et un signe de génie. Aujourd'hui, on sait que nous utilisons tous des métaphores, la plupart du temps sans le remarquer : c'est justement pour cela qu'il vaut la peine de les remarquer.
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Récap
Nous comprenons les idées abstraites à travers des expériences concrètes : les métaphores font partie de la pensée, ce ne sont pas de simples ornements.
Le fait surprenant · Dans une étude de 2011, décrire le crime comme une « bête » plutôt qu'un « virus » poussait les gens vers une police plus dure.
Sources (2)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 17 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.