Comment une machine trouve-t-elle la hauteur d'une note dans son onde sonore ?
Un accordeur ne connaît rien à la musique, et pourtant il sait te dire que tu joues trop bas. L'astuce : comparer une onde sonore à une copie d'elle-même légèrement décalée.
▶ Lancer l'histoireEn comparant l'onde sonore avec une copie retardée d'elle-même. Cette technique, l'autocorrélation, mesure la corrélation d'un signal avec une version décalée de sa propre forme d'onde ; c'est un outil mathématique pour trouver des motifs répétitifs ou des périodicités cachées à l'intérieur d'un signal, même noyé dans du bruit.
Un accordeur de guitare, une application de détection de hauteur ou le logiciel derrière Auto-Tune font tous face au même problème de base : estimer la hauteur, ou fréquence fondamentale, d'un signal quasi périodique comme une corde pincée ou une note chantée. La stratégie habituelle consiste à trouver la période du signal, le temps qu'il faut à l'onde pour se répéter, puis à inverser ce nombre pour obtenir la fréquence. L'autocorrélation trouve cette période en faisant glisser une copie de l'onde contre elle-même et en vérifiant, à chaque décalage possible, à quel point les deux s'alignent ; quand le décalage correspond à la vraie période répétitive de l'onde, la correspondance est la plus forte. Des algorithmes aux noms comme AMDF et ASMDF fonctionnent ainsi, tout comme deux outils aujourd'hui standards, l'algorithme YIN et l'algorithme MPM, tous deux toujours fondés sur l'autocorrélation.
Étape 1: Enregistre l'onde sonore
Une corde pincée ou une note chantée
Étape 2: Fais une copie retardée
Décale l'onde d'une petite quantité
Étape 3: Compare les deux
Vérifie à quel point elles s'alignent
Étape 4: Trouve la meilleure correspondance
Ce décalage révèle la période répétitive de l'onde
Étape 5: Inverse-la
La période inversée donne la hauteur
Longtemps, la méthode a semblé trop coûteuse. Les ingénieurs du son jugeaient l'autocorrélation impraticable à cause de l'énorme quantité de calculs qu'elle exige, jusqu'à ce qu'Andy Hildebrand, en concevant le détecteur de hauteur d'Auto-Tune, comprenne que l'essentiel de ces calculs était redondant et trouve un raccourci qui, selon ses mots, transformait un million de multiplications-additions en quatre seulement.
Ce n'est pas infaillible. Ces algorithmes peuvent être assez précis sur des signaux très périodiques, mais ils sont sujets aux « erreurs d'octave », confondant une note avec celle une octave trop haute ou trop basse, ils peuvent avoir du mal avec des enregistrements bruyants, et dans leurs formes les plus simples ils sont perturbés par les sons polyphoniques, plusieurs notes jouées en même temps à des hauteurs différentes.
La même astuce fonctionne à différentes échelles de temps pour différentes tâches. Appliquée à des fragments de moins d'une seconde, l'autocorrélation trouve la hauteur, ce qui est la base du fonctionnement des accordeurs et d'Auto-Tune. Appliquée à des fragments de plus d'une seconde, la même technique peut repérer le battement d'une chanson à la place, ce qui permet aux logiciels d'estimer le tempo. La méthode ne se limite pas à la musique : les astronomes utilisent l'autocorrélation pour calculer la fréquence des pulsars.
Quiz
0/3
Récap
Pour trouver à quelle fréquence une onde se répète, compare-la à une copie retardée d'elle-même ; le décalage où elles correspondent le mieux révèle la période, et inverser cette période donne la hauteur.
Le fait surprenant · Les algorithmes de détection de hauteur fondés sur l'autocorrélation, comme YIN et MPM, peuvent encore confondre une note avec celle une octave trop haute ou trop basse, un défaut connu appelé erreur d'octave.
Liens
- 〰️ Comment une théorie de la chaleur a-t-elle fini par décortiquer la musique ?
- 📡 Pourquoi des astronomes ont-ils cru que le signal d'une étoile venait de petits hommes verts ?
- 🎻 Pourquoi les orchestres s'accordent-ils sur un la à exactement 440 hertz ?
- 🎯 Pourquoi certaines personnes savent-elles nommer n'importe quelle note ?
- 🎤 Comment l'Auto-Tune corrige-t-il la voix d'un chanteur ?
Sources (3)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 11 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.