Pourquoi certaines religions interdisent-elles de faire du mal à tout être vivant ?
Certains moines jaïns balaient le sol avant chaque pas. La même idée a rendu la vache sacrée en Inde et inspiré Gandhi.
▶ Lancer l'histoireLe jaïnisme, l'hindouisme et le bouddhisme partagent un principe appelé ahimsa, la non-nuisance. Le mot sanskrit, c'est simplement « non » plus « nuire » : hiṃsā veut dire blessure, a-hiṃsā son contraire. Dans ces traditions, faire du mal à un autre être vivant est une faute morale qui pèse sur son propre avenir, y compris sur ses renaissances. L'ahimsa est le premier des cinq grands vœux du jaïnisme, un précepte central de l'hindouisme et le premier des cinq préceptes du bouddhisme.
C'est le jaïnisme qui va le plus loin. Les jaïns classent les êtres vivants selon leurs sens, des êtres à un seul sens comme les plantes, et même l'eau et la terre, jusqu'aux humains et aux animaux. Les ascètes jaïns balaient le sol devant eux pour ne pas écraser de minuscules créatures, et les jaïns stricts évitent les légumes-racines comme la pomme de terre et l'oignon.
Cette même éthique aide à comprendre pourquoi la vache est sacrée pour beaucoup d'hindous. Il n'en a pas toujours été ainsi : les plus anciens textes védiques parlent de sacrifices d'animaux, et il existe des traces de consommation de bœuf dans l'Inde ancienne. Mais le Rigveda appelle déjà les vaches laitières aghnya, « celle qu'on ne doit pas abattre », et vers l'an 1000 le végétarisme et le tabou du bœuf étaient devenus la norme dans la tradition hindoue. L'Inde compte aujourd'hui plus de végétariens que tout le reste du monde réuni.
Au XXe siècle, Mohandas Gandhi a fait de ce principe religieux ancien un outil d'action politique de masse. Sa résistance non violente a inspiré des militants des droits civiques bien au-delà de l'Inde, dont Martin Luther King.

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Récap
A-hiṃsā veut dire non-nuisance : radicale dans le jaïnisme, centrale dans l'hindouisme et le bouddhisme, transformée en action politique par Gandhi.
Le fait surprenant · Les plus anciens textes védiques mentionnent des sacrifices d'animaux ; le tabou du bœuf n'est devenu la norme hindoue que vers l'an 1000.
Sources (3)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 27 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.