Oublie-t-on vraiment la moitié de ce qu'on apprend en quelques jours ?
Un scientifique du XIXe siècle a passé cinq ans à mémoriser des syllabes sans aucun sens, comme « WID » et « ZOF », en étant son seul cobaye, juste pour mesurer à quelle vitesse sa propre mémoire s'effaçait.
▶ Lancer l'histoireÀ peu près, selon la célèbre courbe de l'oubli, mais les preuves sont plus minces que ne le laisse croire le fameux graphique. La courbe de l'oubli d'Ebbinghaus mesure le déclin de la mémoire au fil du temps quand on ne fait aucun effort pour retenir, et une version typique du graphique prétend montrer qu'on perd la moitié de ce qu'on vient d'apprendre en quelques jours ou semaines, sauf si on le révise consciemment. Elle repose sur une étude limitée et incomplète qu'Hermann Ebbinghaus a menée sur lui-même de 1880 à 1885, en mémorisant des syllabes sans signification comme « WID » et « ZOF » et en se testant après différents délais.
Étape 1: Mémoriser des syllabes sans signification
Des combinaisons sans signification comme « WID » et « ZOF »
Étape 2: Attendre une durée définie
Il laissait passer différentes durées avant de se retester.
Étape 3: Se retester
Il mesurait à quelle vitesse il pouvait réapprendre la liste la seconde fois.
Étape 4: Tracer la courbe
Les résultats sont devenus la première courbe de l'oubli documentée.
Cette étude a quand même fait date : il a été le premier à mener une série d'expériences bien conçues sur l'oubli, et l'un des premiers à utiliser des stimuli artificiels en psychologie expérimentale. Il supposait que la vitesse de l'oubli dépend de la difficulté et du sens du contenu, de sa représentation et de facteurs physiologiques comme le stress et le sommeil. En 2015, une tentative de reproduire la courbe, là encore avec un seul sujet, a donné des résultats proches de ses données d'origine.
Ebbinghaus a aussi décrit ce qui ralentit le déclin. Chaque répétition allonge l'intervalle optimal avant la suivante, de quelques jours au début à des années plus tard ; une information se retient mieux quand elle s'appuie sur ce qu'on sait déjà ; et la courbe s'aplatissait à chaque répétition. Les données suggèrent qu'attendre 10 à 20 % du temps restant avant d'avoir besoin de l'information est le moment idéal pour une révision unique. Les équations simples, en revanche, ne collent pas bien aux données disponibles : la forme exacte de l'oubli reste discutée.
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Récap
Chaque répétition aplatit la courbe et allonge le délai avant la révision suivante.
Le fait surprenant · Ebbinghaus était son propre et unique cobaye, mémorisant de 1880 à 1885 des syllabes sans signification comme « WID » et « ZOF ».
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Sources (1)
Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 22 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.