Corps humain●●●●●Difficulty 2 of 5

Comment un seul modèle de protéine en Y peut-il reconnaître des milliards de cibles ?

Ton corps n'a pas besoin de deviner quel microbe va attaquer : il fabriquerait environ 10 milliards d'anticorps différents, chacun capable d'agripper une cible différente.

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Les anticorps sont des protéines en forme de Y qui patrouillent dans le sang et les tissus. Au bout de chaque branche se trouve un paratope, une petite serrure façonnée pour épouser une partie précise d'un microbe, appelée épitope. Un paratope ne s'ajuste qu'à son épitope, comme une clé n'ouvre qu'une serrure. L'astuce, c'est que le corps ne mise pas sur une seule clé passe-partout : il fabrique environ 10 milliards d'anticorps différents, chacun avec une pointe légèrement différente, si bien que, quel que soit le nouveau microbe qui se présente, une serrure de cet immense trousseau lui correspond déjà.

Schéma d'un anticorps en forme de Y, montrant deux chaînes lourdes et deux chaînes légères, avec des antigènes se liant aux extrémités des branches.
La forme en Y d'un anticorps : chaque pointe de branche (paratope) se lie à une partie précise d'un microbe (épitope), comme une clé dans une serrure.Photo: Fvasconcellos · Public domain

Cette idée a connu un drôle de parcours avant d'être comprise. En 1890, Emil von Behring et Kitasato Shibasaburo décrivent une activité des anticorps contre les toxines de la diphtérie et du tétanos, et proposent qu'une substance du sérum sanguin réagit avec un envahisseur étranger, sans que personne ne sache encore de quoi il s'agit. Un an plus tard, le savant allemand Paul Ehrlich donne un nom à cette substance mystérieuse, écrivant que si deux substances différentes provoquent deux « Antikörper » différents, alors ces substances doivent elles-mêmes être de nature différente. Il faudra encore cinquante ans, et le chimiste Linus Pauling, pour confirmer la théorie de la clé et de la serrure proposée par Ehrlich : la fixation d'un anticorps sur sa cible dépend davantage de la forme que de la composition chimique.

Les anticorps existent en cinq variétés, nommées IgA, IgD, IgE, IgG et IgM, qui diffèrent par les fonctions qu'elles déclenchent et par l'endroit du corps où elles sont libérées. Ensemble, elles forment ce qu'on appelle l'immunité humorale, c'est-à-dire une immunité portée par des protéines solubles dans les fluides du corps, distincte des lymphocytes T qui attaquent les cellules infectées.

Quiz

0/3

  1. 1.Pourquoi un seul anticorps ne peut-il s'accrocher qu'à un seul type de cible microbienne ?
  2. 2.Comment le corps parvient-il à reconnaître autant de microbes différents si chaque anticorps ne correspond qu'à une seule cible ?
  3. 3.Pourquoi les personnes vaccinées gardent-elles parfois une certaine protection même après qu'un virus a muté ?

Récap

Les anticorps fonctionnent comme un immense trousseau de clés : une clé par serrure, des milliards de clés, si bien qu'une correspondance a de bonnes chances d'exister pour presque toute serrure qui se présente.

Le fait surprenant · Le corps générerait environ 10 milliards d'anticorps différents, chacun capable de se lier à une cible distincte.

Sources (1)

Pas de source, pas d'affirmation. Chacun des 16 faits de cette leçon renvoie à au moins une de ces sources.

  1. [1]Antibody · Wikipedia
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